mar.

27

oct.

2015

SANTE > "Santé génésique et reproductive", l'étude en ligne

La Plateforme de développement sanitaire et social du Pays Médoc a apporté son soutien à des chercheurs de l’Université Bordeaux 2 (sociologues et ethnologues) dans le cadre d’un projet de recherche (2010-2013) sur "l'accès aux soins en matière de santé génésique et reproductive chez les femmes migrantes et/ou précaires du Médoc »  (mise en relation avec des partenaires locaux, communication de données statistiques et d’études, aide à l’organisation de la présentation des résultats de l’enquête). Retrouvez les résultats de cette étude.

Une étude socio-anthropologique sur le thème des inégalités d’accès aux soins a été menée entre juin 2010 et décembre 2013, dans le Médoc, auprès de femmes en situation de précarité et/ ou de migration ainsi que d’acteurs locaux qui les prennent en charge dans le domaine de la santé reproductive et génésique.


Deux objectifs principaux

1- Comprendre comment les principaux dispositifs sanitaires et sociaux existants (l’offre) influencent ou déterminent les parcours et itinéraires thérapeutiques (la demande) de ces femmes et comment cela peut jouer sur leur recours, non-recours ou renoncement aux soins.


2- Comprendre comment les professionnels tentent de répondre aux besoins de ces publics et comment les façons dont ils perçoivent ces populations jouent sur leurs pratiques quotidiennes (de suivi, d’accompagnement et d’information).

Une méthodologie qualitative

Pour apporter une lecture ethnographique des lieux étudiés et assurer une présence régulière auprès des acteurs et des femmes usagères ou non du système de santé local :


- 200 entretiens ont été réalisés
- 340 demi-journées d’observations en différents lieux (clinique, MDSI, Associations, lycées,

  au domicile…)


L’anonymat et la confidentialité des lieux et des personnes ont été respectés par souci éthique, conformément à la déontologie de la recherche.

Quelques résultats

Du côté des professionnels

L’offre de soins en santé reproductive et génésique, bien que rare (dans un contexte de lutte contre la désertification médicale) est dynamisée par les acteurs souvent fortement impliqués et déployant des réseaux parfois informels pour tenter de répondre aux demandes qui se présentent à eux (hospitalisation urgente, Ivg, problème de contraception) de personnes ressources.


Un écart a toutefois été observé entre l’offre de soins affichée (en termes d’horaires  et de jours d’ouverture, par ex) et la présence effective de services, en raison d’un fort turn-over et de l’essoufflement de certains acteurs.


Enfin, les catégorisations parfois stigmatisantes des femmes suivies, ainsi que les représentations de ce champ particulier (et intime) de la santé guident leurs discours et leurs pratiques, dans le sens de certaines normes.

Du côté des femmes

Globalement, elles se soignent et utilisent l’offre de soins en Médoc ou sur la CUB.


Les situations observées, qui pourraient dans les études sur l’accès aux soins être lues comme du non-recours  (ex : « je ne veux pas être vue par la sage-femme ») ou du renoncement aux soins (ex : je n’ai pas pu aller faire ma visite de contrôle chez le gynéco »), se révèlent parfois dans le temps  soit comme :


- des recours différés, du fait des choix  et des arbitrages personnels (gravité, priorité) que ces femmes  sont amenées à faire, en fonction d’opportunités matérielles (transport, convocation à un dépistage) et de leurs possibilités socio- économiques.


- des recours différents, en lien avec des pratiques d’auto-médication  (phytothérapie) ou avec leur utilisation des médecines non-conventionnelles (l’acupuncture, le guérisseur…).


Les femmes enquêtées ont montré qu’elles aussi élaboraient des représentations de leur santé et des professionnels qui les prennent en charge, en fonction de leurs expériences vécues ou rapportées du système de soin (qu’elles connaissent plus ou moins).


Raconter ses « problèmes de femmes » comme « se faire entendre » n’est  pas toujours aisé pour des femmes à qui cette recherche a permis de donner la parole.


Télécharger le rapport

Laurence KOTOBI (ADESS-UMR 5185-CNRS-Univ. de Bordeaux), Responsable du projetet  Béatrice JACQUES (Centre Emile Durkheim, UMR 5116-Univ. de Bordeaux)

(1) Cette recherche qualitative universitaire a été financée par l’Institut de recherche en santé publique (IRESP) dans le cadre de l’appel d’offre « AAP 2009 “Services de Santé - Politiques publiques et santé“

Partagez cette information !



Écrire commentaire

Commentaires : 0